FF Féminisation Forcée

Un espace FRANCOPHONE pour les dingues du genre dont je suis

6.15.2006

Homme, femme, travelo ? Faite le tri … « Tri » quoi, au fait ?

Surtout ne pas dramatiser et tâcher moyen de se souvenir que « Humour IS a must ! » M’en sors plutôt bien, au fond. Des femmes m’ont aimé … Mieux : Une femme m’aime : comme je suis. Et même si ça tournait vinaigre, un jour, ce que je ne souhaite pas, je recommencerai. Pareil. Cherchez l’âme sœur, le cas de dire, pour les zèbres de mon acabit …
L’amour, c’est le seul truc qui ferait douter de l’inexistence de Dieu.
Bon alors d’abord, en UN, il y a le mec. 50 ans et des aux cerises, hâbleur, râleur, plutôt déconneur, un mec, quoi. Grosse voix patinée aux clopes et aux nuits sans lune depuis lurette, mais j’ai tout arrêté depuis que la faculté ne veut plus. Je serais plutôt des promesses de l’aube, désormais. Un vice de vieux pingouin, d’insomniaque. Même pas P.D. J’ai toujours adoré les femmes, mais j’en conviens, moins pour les baiser que pour leurs conversations légères, leur peau, leurs manières, leurs envies que j’envie, évidemment, sinon, je ne serais pas là. Un tel rapport me fait en général, on s’en doute, la vie facile avec elles et j’ai en conséquence plutôt qu’en préambule fini quelquefois dans leurs lits. Je fais des envieux parmi les hétéros orthodoxes qui se demandent des fois comment c’est enculé avec la tronche qu’il a, même pas riche … « Il doit avoir un truc » Au niveau de la baise, ils veulent dire.
Y’a pas de truc. Juste que je préférerai toujours une abrutie de manucure qui me saoule avec son vernis à un entrepreneur qui m’assomme avec ses impôts.
Ecce homo. Voilà pour l’homme.
Et puis en DEUX, il y a la femme.
Elle n’y croit pas la femme, « A la femme » Un travelo, ce ne saura jamais qu’un travelo, sauf pour lui-même et encore, à condition qu’il ne se voie pas ou qu’il ait subi l’ablation de tout esprit « critique » avant la cérémonie dans le miroir. Il y a des travelos sublimes, je sais. J’en ai connu. Sur le net, tu vois des créatures auxquelles tu donnerais une césarienne sans confession, mais je ne suis pas de cette dentelle. Hélas ? Ouais, hélas … Peut être qu’avec un chouia en moins d’esprit critique, une lichette en plus de réussite physique, j’aurais naguère pu me laisser tenté par le saut de l’ange auquel j’ai souvent songé. Je ne suis pas timoré, mais maccache bonbec : Je suis le travelo de base, moche comme un travelo, auquel personne ne croit, même pas moi. J’essaye de traiter la misère du panorama avec de l’humour, comme le reste.
Au fond, avais-je vraiment envie d’être une femme ? La question à cent balles à laquelle je réponds : je ne crois pas. J’ai beau haïr cette peau d’homme qui m’écoeure, j’y trouve des commodités que les femmes nous envient à juste titre. J’ai une grande gueule, cinglante et qui sait faire marrer ses contemporains, je ne tolère pas qu’on m’emmerde et jusqu’à y’a pas si longtemps, je ne rechignais pas à mettre les poings sur les « I » des casses burettes qui s’y employaient à leurs risques et périls. Les soirées de mec, le poker, les havanes, les caisses, les belles fringues, les pompes surtout, les quelques presque vrais amis avec lesquels on peut partager le silence, comme disait Desproges, la bouffe classieuse, une fille à dîner, t’en as en somme, des raisons de rester coincé dans ta carcasse de mec.
Bon. En TROIS, il y a le fétichiste, le fantasmeur, le pervers qui n’aspire qu’à se sentir humilié, féminisé, mais à l’aune d’une « femme » d’opérette en ta-ga-da, tsoin-tsoin ! … Une créature qui n’existe que dans la tronche de la foule de zigotos qui partagent cette marotte à fond les nœuds nœuds. Mesdames, les vraies, feraient d’ailleurs bien d’en prendre un mètre de galon. Sans faire de prosélytisme, j’affirme que ça concerne en vérité un paquet de zigs y compris parmi les légions de « gentils » maris comme il faut qui vont se faire sodomiser en loucedé chez la mère fouetarde à l’heure du « Ch’uis désolé, chérie, y’a Grangier qui fait un pot pour son départ, y’aura tout le monde, je peux pas me défiler … »
Mais bon, chacun sa mère.
La mienne est d’ailleurs au centre du débat. Comme presque tous les travelos fétichistes, j’ai commencé par délirer sévère sur ma vieille, que je peinerais pourtant à appeler « Maman » Je l’ai toujours détestée. C’est pas pour me justifier, attention, mais décidément pas du tout la petite pédale à sa mémère. Faut préciser pour ma défense qu’elle avait tout pour plaire, le vieux tromblon, et faisait l’unanimité contre elle. Même son frère ne pouvait encadrer cet authentique chameau à multiples bosses.
Je ne me plains pas, j’ai horreur, mais je plains cependant du fond du coeur les hommes qui n’ont pas eu la chance d’aimer leur mère. Ca complique et faut longtemps pour revenir du moche, mais bon, c’est une autre histoire.
Je n’aimais pas la mienne mais je fantasmais « sévère » sur elle. Je ne suis pas sûr d’avoir eu réellement envie de la baiser. C’était plus complexe et je crois qu’on retrouve déjà cette perception « A étage » de la réalité : j’aurais voulu être « Elle », lui ressembler et aussi lui obéir, lui appartenir, disons plutôt me faire baiser par elle que le contraire. D’un côté, je raffolais de la voir circuler en culotte, collants et talons mais avec le chemisier ou le pull déjà enfilé révélant la poitrine orgueilleuse soulignée par les formes du soutien-gorge. Je n’ai eu de cesse depuis que d’imiter jusqu’au délire cette allure qui me mettait dans tous mes états et c’est elle qui m’a convaincu à son insu de porter mes collants sous ma culotte et de préférer par-dessous tout le lycra et le « gainant » à toute autre forme de dessous.
Entre autre.
« Maman », ça reste mon phantasme absolu et les plus malines des femmes qui se sont attardées sur mon cas ne s’y sont pas trompées longtemps. Il y en a eu pourtant de très jeunes et d’autres moins. Ce n’est pas le problème. Ce que je recherche, c’est toujours ce rapport ambigu qui n’existait probablement presque exclusivement que dans ma tête entre une maman féminine et autoritaire et le petit garçon qui souhaite passionnément lui ressembler et lui appartenir en même temps.
Expliquez comment cette « tri-alité » aura empoisonnée et ravie ma vie en prendrait une. Ca a d’ailleurs pris la mienne d’en arriver là. C’est peut être ici que je trouverais la pêche de vous la narrer vécue ou fantasmée par le menu.
Peut être ?
Qui sait ?

2 Comments:

At mercredi, avril 21, 2010 10:58:00 AM, Anonymous Anonyme said...

Bonjour et bravo - Je me retrouve assez dans la description de la "femelle" et de ses intimes pensées, à l'exception de la mère, ayant été orphelin trés jeune, mais élevé par des femmes de la famille (3 sur le dos, toute ma jeunsesse) Moi aussi je m'en moque d'être vilain travesti, d'ailleurs seule ma femme (qui est trés sympa) me tolère à la maison, le soir, ce qu'elle nomme "mes lubies" Mais cela me convient bien, alors courage l'artiste, nous ne sommes pas seuls!

 
At dimanche, novembre 27, 2011 3:40:00 PM, Anonymous comodine said...

C'est bien écrit; exprimé avec recul et humour,je le ressens comme un douloureux vécu, une part du mien aussi.;)

 

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